Aller vers

Certains appellent cette démarche « orientation résultat ». Je n’aime pas cette appellation car elle implique un jugement. Je préfère de loin l’expression « aller vers … » qui laisse ouvert tout le champ des opportunités. Pour illustrer ce propos, j’utilise avec plus ou moins de succès la métaphore de la vache. Après avoir écarté la problématique avec la boulette de papier, j’ouvre un champ des possibles. Ce champ est le la nouvelle pâture toute verte de la vache. Je vais l’attirer dans ce nouveau pré grâce à l’odeur de l’herbe fraîche. Ce travail va me fournir le terreau du HOT système®, c’est à dire une dizaine de mots correspondant à des sentiments, des émotions, des affects.

Le réveil partie 12

Chapitre 12 : Le réveil

Ericson quitte Madeleine du regard et regarde la montre. Il est temps de ramener sa partenaire ici et maintenant.

(Il se rapproche légèrement de Madeleine et sur un ton un peu confidentiel commence à dire 🙂

« Et dans un instant, je vais compter jusqu’à 3 et à 3, vous reviendrez ici et maintenant complètement ‘calme’ et détendue’, totalement ‘calme et détendue’. »

Il marque une pause de quelques secondes et il commence à compter doucement : « 1, vos pieds reprennent contact avec le sol ». Les pieds de Madeleine bougent légèrement et sa tête fait mine de se redresser.

Madeleine n’a aucune envie de revenir. A contre-cœur, elle obéit … lentement , marquant ainsi  sa réprobation et puis surtout pour se donner le temps d’émerger à son rythme. Et même si Elle aimerait encore rester dans cet état, elle sait que ce n’est pas possible, il faut revenir.

Ericson continue, sa voix est plus ferme, plus directive, cela ressemble plus à un ordre : « 2, vous commencez à ressentir les battements de votre cœur ». Madeleine ressent les battements de son cœur, elle sent qu’elle remonte, doucement mais elle remonte. Son cœur bat doucement mais au fur et à mesure qu’elle en prend conscience, le rythme semble s’accélérer. Elle voudrait désobéir et traîner encore un peu mais l’autre insiste.

Ericson termine : «3, vous prenez une profonde inspiration, vous ouvrez les yeux et vous revenez ici et maintenant, complètement ‘calme’, maintenant, ouvrez les yeux. »

., Elle a inspiré mais peut-être pas assez profondément, elle essaie d‘ ouvrir les yeux mais ils sont comme collés. Madeleine se sent comme arrachée, décidément elle préfère retourner là où elle était bien ; sa tête s’écroule vers l’avant sur son bras, le poignet toujours connecté sur son front. Ericson qui l’a suivie attentivement intervient immédiatement d’une voix forte et impérieuse : « Ouvrez les yeux, respirez profondément et revenez ! », Il insiste : « Ouvrez les yeux !».

Madeleine se redresse, elle entrouvre les yeux puis elle les ouvre complètement en inspirant profondément. Elle est bien droite maintenant. Et, bien qu’elle ne s’en rende pas compte, sa main est toujours plaquée sur son front.

Avec bienveillance, Ericson décolle sa main et rassure Madeleine : « Bien, c’est ça, ici et maintenant complètement présente avec ’calme’. »

Madeleine reprend doucement pied dans-avec la réalité maintenant. Elle commence à se resituer dans la pièce, elle tourne son visage vers Ericson. Son visage est à la fois tout sourire et interrogation. Ses yeux sont légèrement humides, elle est emplie de ce ‘calme’. Elle a l’impression d’avoir accompli un long voyage qui a duré des années. Elle sait qu’elle est là mais ne sait plus très bien pourquoi elle est là. Machinalement elle dit « merci » et reprend à nouveau une profonde inspiration suivie d’un soupir.

Ericson se lève pour lui servir le verre d’eau qu’elle a accepté et en profite pour sortir de la pièce afin de la laisser reprendre ses esprits-seule.

Madeleine, boit doucement, l’eau est un peu froide et cela la ramène encore un peu plus à la réalité. Elle sent que son corps est légèrement engourdi et elle se lève pour faire quelque pas et respirer profondément. Son regard s’attarde sur les diplômes accrochés au mur et sur cette boîte avec les pastilles de couleur. Elle se rend compte qu’elle tient dans sa main droite un petit flacon bleu. Automatiquement, elle sent son poignet et elle se remémore cette odeur et des mots lui viennent à l’esprit : ‘avenir’, ‘calme’ et …

Ericson revient dans la pièce. Elle règle la consultation. Il lui conseille de marcher un peu et lui rappelle à nouveau que des évènements un peu étranges risquent de se produire dans les prochains jours, que sa perception du monde pourrait être un peu différente. Il ne lui donne pas le nom de l’huile essentielle utilisée et la prévient qu’elle risque de perdre ou de casser le flacon. Cela signifie simplement que le travail a pris fin et qu’elle peut passer à autre chose. En attendant, il lui recommande d’appliquer l’huile sur les poignets au moins 3 fois par jour.

Elle remercie, le salue et sort. Dehors, elle découvre un nouveau monde, il n’a pas changé mais sa perception à elle a totalement été modifiée.

Arrivée dans la rue, après avoir réglé et salué Ericson, Madeleine cherche sa voiture… Elle est incapable de se remémorer l’endroit où elle l’a garée ! Contrairement à ses habitudes, ses anciennes habitudes, Madeleine ne panique pas ; elle entreprend un tour du quartier, sans se presser. Elle est calme, le ciel est bleu, le monde est à elle, tout est possible…

Les rayons de soleil qui filtrent au travers des branches d’arbres semblent si doux… Et si la nouvelle Madeleine prenait le temps de s’asseoir sur ce banc … et si elle libérait ses pieds comprimés dans ses hauts talons… marcher à pieds nus peut-être ? Et si elle proposait une cigarette au vieil homme assis à côté d’elle pour la savourer-goûter lentement et partager ce moment sans contrainte ? N’est-ce pas dans cette rue là-bas que se donnent des cours de yoga ? Elle va se renseigner…

Suggestion post-hypnotique et intégration partie 11

Chapitre 11 : Suggestion post-hypnotique et intégration

Ericson, lui aussi, a perçu le changement processus qui se met en place peu à peu chez Madeleine.

Il est toujours derrière elle, les 2 mains sur les épaules et il continue lentement à rappeler les mots en les scandant alternativement à chaque oreille. Il marque ensuite une courte pause et reprend sur un autre ton de voix :

« Il se pourrait que dans les prochains jours, à l’occasion d’un rêve, d’un songe, d’une méditation des choses surviennent et bougent. C’est normal, le processus est en cours et il se manifeste simplement. »

Madeleine accueille naturellement ce message, elle sait, elle le sent que quelque chose a commencé à bouger en elle.

(Ericson commence à se déplacer derrière elle.) Tout en restant en contact avec elle (Madeleine), Ericson fait quelques pas afin  (il passe d’une épaule à l’autre afin) de reprendre place sur sa chaise (rejoindre sa chaise). Après un court instant, il détache doucement sa main gauche de son épaule et il se recule (sa chaise) pour laisser un maximum d’espace dégagé devant Madeleine. En reculant sa chaise, il ressort de sa bulle d’intimité, il retrouve la place qu’il occupait en tout début de séance.

Madeleine a toujours sa main droite sur son front. L’odeur est bien présente. Sa tête est légèrement penchée vers l’avant, sa respiration est régulière et lente. Par moment, il répète ‘calme’ de plus en plus espacé par de longs silences. Elle entend de façon de plus en plus lointaine ces mots ‘calme’, ses encouragements : « Bien, c’est du bon travail ». Elle se sent profondément en contact avec elle-même, elle apprécie de se retrouver seule avec elle-même… Oui, c’est ça ‘calme’.

Ericson ne la quitte pas du regard, il l’observe et continue à l’encourager d’une voix presque imperceptible. Il donne l’impression de vivre la même chose que Madeleine.

Madeleine sent cette présence mais cela ne l’empêche pas de savourer ce ‘calme’, de le laisser se répandre dans tout son corps, de le déguster. Au contraire, elle sait qu’elle peut le faire en toute confiance et la présence de Ericson la rassure.

Irrémédiablement, ‘Calme’ s’est installé dans tous ses muscles, toutes ses cellules. La moindre fibre de son corps est remplie de ‘calme’. C’est une sensation qu’elle n’oubliera jamais tant elle est présente et intense.

Le temps a perdu toute dimension ; les aiguilles de l’horloge tournent mais n’ont plus aucune prise sur la réalité de l’instant.

L’ancrage olfactif partie 10

Chapitre 10 : L’ancrage olfactif

Madeleine se trouve maintenant dans un état de suggestibilité total, elle écoute la voix de Ericson et rien que sa voix.

Ce dernier aborde vaguement un des problèmes évoqués plus tôt durant l’interview et que Madeleine avait résumé par le mot ‘déchirure’. Simultanément, il pose sa main gauche sur la nuque de Madeleine et la droite sur la main de Madeleine qui maintient toujours le flacon sur son front.

Il prononce « ‘avenir’, avec ‘réalisation’, ‘heureuse’ et ‘calme’ » en secouant légèrement d’avant en arrière la tête de Madeleine et en appliquant une légère pression sur le front.

Madeleine voit cette ‘déchirure’ se profiler et immédiatement s’effacer pour laisser place à ‘avenir’ et à l’odeur qu’elle aime. Le processus intervient instantanément.

Ericson répète la séquence une deuxième et une troisième fois jusqu’à ce que le mot ‘déchirure’ et ce qu’il contient comme souvenir associés disparaisse complètement. A la simple évocation de ce mot et de ses signifiants, c’est le mot ‘avenir’ qui émerge, rappelé par cette odeur contenue dans ce flacon.

C’est un réflexe qui s’est installé de manière durable.

Ericson a mis toute son énergie et toute sa détermination dans chaque ancrage. Il ne laisse aucune place au doute ou à l’hésitation ; sa voix et son discours sont directifs. Il sait que Madeleine est dans un état de réceptivité total et qu’elle perçoit les intentions et les émotions de Ericson. Il doit être vrai, totalement vrai.

Ericson revient à la charge une dernière fois en changeant de mode opératoire.  Il agit maintenant comme s’il effaçait un tableau, il passe les doigts sur le front de Madeleine en précisant avec la même détermination : « Et s’il restait la moindre trace de déchirure, ce serait gommé, effacé définitivement ». Il accompagne chaque mouvement de différentes onomatopées.

Entre chaque ancrage et le gommage final, il a continué à la bercer doucement et à réciter sa ritournelle avec les mots de Madeleine en y associant son odeur, son flacon bleu.

Le conscient de Madeleine est comme à l’arrêt. Elle sait que quelque chose d’important vient de se dérouler mais elle n’en saisit pas bien la portée. Elle aimerait du temps maintenant même si elle a l’impression que la notion de temps est devenue totalement abstraite.

Elle est ‘calme’, elle est apaisée, elle sent au plus profond d’elle-même que ce qu’il fallait faire a été fait et bien fait.

L’induction partie 9

Chapitre 9 : L’induction

Madeleine est affaissée sur la chaise, baignée dans l’odeur qu’elle a choisie, réconfortée par les mots qu’elle a donnés pour cheminer en toute sécurité vers son objectif.

Ericson prend sa main gauche, il la soulève légèrement et la laisse retomber sur le côté en accompagnant son geste d’une onomatopée « Pssccht ! ». Il reprend à nouveau la main et la laisse cette fois tomber sur les genoux avec le même bruit de bouche surprenant. Madeleine n’oppose aucune résistance, son corps est complètement relâché.

Ericson tout en maintenant le corps de Madeleine, passe devant elle et commence à faire des moulinets avec le bras gauche de Madeleine. En même temps, la main gauche d’Ericson s’est déplacée dans sa nuque.

Il continue à faire les moulinets avec le bras et dit d’un ton directif : « Et à la prochaine déglutition, ce sera dormir, sommeil !». Il ne laisse même pas le temps à Madeleine de saisir le sens de ses paroles que déjà, il tire un petit coup sec sur le bras gauche tout en poussant légèrement la tête vers l’avant accompagné de la suggestion « Dormir, sommeil ! ».

Tout se passe à nouveau très vite, elle est seulement occupée à penser à sa prochaine déglutition.

Immédiatement, il vient se replacer derrière Madeleine qui s’est littéralement écroulée et il la réinstalle plus confortablement. Il accompagne tous ses mouvements de sa voix : « Calme, c’est 10 fois plus calme, 10 fois plus profond, 10 fois plus détendu, … calme et vous écoutez ma voix, rien que le son de ma voix, calme … ». Il contrôle à nouveau le tonus musculaire du bras gauche de Madeleine en y ajoutant une onomatopée identique à la précédente.

Madeleine a la sensation d’avoir raté une marche et d’être descendue en un instant de plusieurs étages. Sa perception de l’environnement est totalement altérée, elle est concentrée et focalisée sur cette voix, elle n’entend plus que cette voix.

Elle ne s’est jamais sentie aussi ‘calme’. Les yeux fermés, elle ne voit pas le monde extérieur mais elle le perçoit avec une acuité totale. Tous ses sens se sont aiguisés, elle perçoit tous les détails qui l’entourent et en même temps, elle se laisse guider par cette voix et ce léger bercement. Elle a conscience que sa main droite est toujours sur son front mais elle ne se pose pas de question, c’est bien comme ça…

Ericson continue à répéter ‘calme’, toujours plus calme et il l’invite maintenant à ouvrir les yeux une fraction de seconde et à les fermer immédiatement pour aller encore plus profond vers de plus en plus de ‘calme’.

Elle s’exécute avec confiance et effectivement, elle se sent encore plus paisible et confortable.

Ericson refait à nouveau un test avec sa main gauche qui tombe de la chaise comme une masse inerte : Madeleine est dans un état de transe profonde.

Elle écoute cette voix qui la guide totalement.

La transe légère partie 8

Chapitre 8 : La transe légère

Ericson s’est redressé et ses 2 mains légèrement posées sur les épaules de Madeleine, continuent à la bercer. La main droite de Madeleine crispée sur le flacon bleu est toujours « collée » sur son front et elle respire l’odeur aimée qui exhale de son poignet.

Inlassablement, Ericson répète la même ritournelle et profite du léger balancement pour s’adresser alternativement à chaque oreille : « L’odeur se propage du haut de votre crâne (Ericson touche le haut de son crâne) jusqu’à la pointe de vos pieds (Ericson se penche et touche le bout de ses pieds) dans l’ensemble de votre corps (Ericson frôle ses deux bras en descendant), dans l’ensemble de vos cellules ». Madeleine a perdu toute notion de temps, elle est dans une autre dimension.

Toujours en la berçant légèrement, il commence à lui raconter une fable à partir des 10 mots repris sur le tableau. « Vous êtes grâce à ‘avenir’ dans ‘réalisation’ et cette ‘réalisation’ ouvre les portes de ‘joie’, ‘gaieté’ et cela vous rend ‘heureuse’. Vous êtes ‘légère’ pleine de ‘fraîcheur’ et cela vous conduit vers ‘bonheur’ et dans ‘bonheur’ vous découvrez ‘tendresse’ et ‘amour’. Alors, enfin là réside le ‘calme’ ». Tous ces mots résonnent profondément en elle, ces mots qu’elle a choisis, ils lui parlent, ce sont ses mots à elle. Elle continue à humer l’odeur aimée sur son poignet, comme un parfum rassurant.

Le contact physique, l’odeur, le bercement, la voix douce et chaude, les mots qu’elle connaît, tout cela lui procure un environnement propre au lâcher prise. Peu à peu les anciens souvenirs s’estompent pour laisser place à de nouvelles rêveries. Des liens inconscients se tissent. De nouvelles idées émergent. Elle nage dans un univers sans limites, elle est sortie du cadre. En d’autres circonstances, ce manque de repères aurait été paniquant, angoissant, stressant. Mais, en ce moment présent, c’est plutôt libératoire. Le futur devient peu à peu une opportunité et non plus une fatalité. Elle peut construire, imaginer en toute liberté et sans craintes.

Elle perçoit encore la voix de Ericson, mais c’est un bruit de fond, une musique à la fois lointaine et très proche, comme venant de l’intérieur d’elle-même.

La séance se poursuit. Ericson ne la berce plus ; elle se berce toute seule et il doit presque freiner son mouvement.

Il insiste sur le fait que cette histoire construite sur base de ses mots s’imprègne au plus profond de sa mémoire, dans tous ses neurones. Pour appuyer ses dires, il applique de légères pressions sur le crâne et sur le front de Madeleine.

Il reprend encore une fois les dix mots en les combinant dans une nouvelle fable, sa voix est toujours calme, il susurre presque. Il est si proche de ses oreilles qu’elle a l’impression que les mots surgissent de sa propre tête, qu’il parle au plus profond d’elle-même. Elle n’arrive plus à faire la différence entre ses propres pensées et cette histoire qui se raconte en elle.

Réellement, elle commence à sentir vivre ‘avenir’, à le construire elle-même. Un processus inconscient s’est mis en marche, quelque chose de fondamental a changé en elle. Sa perception du monde, de sa place dans le monde a été totalement modifiée. C’est une nouvelle Madeleine qui est occupée à prendre vie. Elle perçoit cela comme une véritable renaissance avec devant elle tout un univers de nouveaux possibles.

Elle est maintenant tout à fait capable d’envisager ‘réalisation’ car, et c’est une certitude, cela la conduira vers ‘calme’… Le ‘calme’ auquel elle aspire tellement ! Pas un seul instant, les problèmes de sa vie, de sa santé, de ses douleurs ne sont venus altérer cette envie d’avancer, de se réaliser et d’aller vers ‘calme’. Ce bercement, cette odeur, cette voix, elle ne s’en lasse pas. Elle n’a jamais été aussi sereine !

Le cérémonial partie 7

Chapitre 7 : Le cérémonial

Madeleine a les yeux rivés sur ce flacon bleu, elle sait qu’il contient ses 3 mots et Ericson de son côté le lui répète encore plusieurs fois. Il lui tend le flacon avec au sommet la petite bille pour confirmer que c’est bien l’odeur aimée choisie.

Il applique ensuite quelques gouttes sur chaque poignet de Madeleine et l’invite à s’imprégner de cette odeur aimée.

De sa voix particulière, le ton toujours très affirmatif et directif, il demande alors à Madeleine de nommer le flacon bleu. Il lui demande juste un mot, le premier mot qui lui vient à l’esprit.

Cette fois, sans réfléchir, elle prononce le mot ‘avenir’.

En montrant le flacon, il dit : « Si j’ai bien compris, ceci (en montrant le flacon), c’est ‘avenir’. Et dans ‘avenir’, il y a cette odeur aimée avec ‘réalisation’, ‘heureuse’ et ‘calme’ ». Il fait à nouveau sentir le flacon en insistant du regard. Madeleine acquiesce directement.

Il se retourne vers le petit meuble et prend une petite étiquette autocollante sur laquelle il écrit avec application en épelant les lettres à haute voix « ‘A’, ‘V’, ‘E’, N’, ‘I’, ‘R’ : ‘AVENIR’ ! ». Avec beaucoup de précaution, il colle l’étiquette sur le flacon bleu, il le montre à Madeleine et lui fait à nouveau sentir. Il rajoute un peu d’huile sur le poignet droit de Madeleine qui est totalement fascinée.

La voix, les odeurs, les mots répétés avec insistance, le flacon et maintenant l’étiquette, elle a l’impression de nager dans un rêve, un monde irréel. Tout cela ressemble à un véritable cérémonial emprunt d’une très grande émotion et de solennité.

En même temps, au plus profond d’elle-même elle sent que se forment des liens, des associations, de nouvelles connections, de nouvelles pistes. De nouvelles compréhensions se mettent en place et cela se passe au-delà des mots. Elle a cette curieuse impression d’être présente simultanément au plus profond d’elle-même et de survoler dans le même temps l’ensemble de la scène.

Toujours sur un ton un très cérémonieux, Ericson demande à Madeleine de tendre la main droite vers lui, paume vers le haut. Et comme Madeleine s’exécute, il lui dépose la petite bouteille bleu appelée ‘AVENIR’. Il replie fermement sa main sur la bouteille. Les doigts de Madeleine sont crispés sur ce trésor que l’on vient de lui confier à elle, pour elle.

Directement, de sa main droite, il saisit le poignet droit de Madeleine et l’applique fermement sur son front. Simultanément, dans une parfaite coordination, il glisse sa main gauche dans la nuque de Madeleine et pousse légèrement sa tête vers l’avant en disant : « dormir, sommeil ». L’ensemble de la manœuvre s’est déroulé en moins d’une fraction de seconde.

Elle est là, plongée en elle-même, la main droite fermée sur son front, le nez enfoui au cœur de son odeur aimée. Elle écoute la voix rassurante et directive qui lui répète ce mantra : ‘Avenir, avec réalisation, heureuse et calme ‘.

Tout de suite, il a enchainé, il est debout derrière elle maintenant, il a posé ses mains sur les 2 épaules et il induit un léger balancement latéral tout en continuant à répéter son mantra sur le même ton de voix.

Madeleine a perdu toute connexion avec la réalité. Tout s’est déroulé si vite … Et en plus, elle respire à plein nez cette odeur aimée qui l’accompagne comme une amie.

Le contact léger des mains d’Ericson sur ses épaules, le bercement, l’odeur, … Elle perd pied, elle se laisse aller, elle se sent glisser en toute confiance. Elle a l’impression de descendre au plus profond d’elle-même.