C’est édifiant

J’ai reçu hier une liste des arguments pour ou contre l’installation d’une antenne à proximité d’une école. C’est un travail effectué par une personne concernée. Elle a parcouru la presse locale et recueilli les arguments des riverains durant la signature de la pétition. Un des arguments principaux, est la perte de valeur immobilière du bien suite à la présence inesthétique de l’antenne à proximité. Les arguments de santé des enfants sont cités bien loin dans la liste. Il est vrai que les refus d’implantation sont souvent motivés par des raisons architecturales et parfois par des fautes de procédure. Les arguments santé touchent peu de monde.

J’ai également reçu ce matin un précieux travail de compilation d’études sur les nuisances dues à la proximité d’une antenne. C’est un travail de TESLABEL qui est une véritable mine d’or de collation d’informations depuis des années. Cela me sera très précieux pour la conférence.

Hier soir, je suis allé porter des oeufs à mes voisins et j’ai abordé le sujet des ondes. Ils m’ont expliqué qu’un projet d’antenne avait failli aboutir au centre du village à côté de l’école. Je ne sais pas si c’est la sagesse rurale, mais 100 % de la population s’est opposée au projet qui n’a jamais vu le jour à ma plus grande satisfaction aujourd’hui.

Les lois, les décrets, les normes, le confort de vie, l’évolution technologique, l’économie sont autant d’arguments évoqués par les gens mais peu évoquent le principe de précaution et les preuves de nocivité sont oubliées. Un individu qui fume une cigarette sait aujourd’hui que c’est nocif mais le plaisir individuel et instantané qu’il en retire est le plus fort. Il a fallu des années et des législations sur le tabagisme passif pour que les gens modifient enfin leur comportement en public, ce qui pour certains étaient encore une atteinte à la vie privée et à leur liberté. L’industrie du tabac a mis toute son énergie pour éviter et réduire l’impact de ces législations. Aujourd’hui encore, les recettes en accise rapportent toujours plus à l’état qu’elles ne coûtent en soins de santé.

J’imagine que c’est la même chose en matière d’ondes et de mise aux enchères de ces fameuses licences. A ma gauche, un milliard de plus pour impacter la population, adjugé. Puis, il a en Belgique chaque gouvernement qui réclame la plus grosse part du gâteau au nom des surfaces, de la densité de population ou autres bagatelles dont on n’ose imaginer la portée.

Les effets de ces technologies sont connus depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et l’avènement des radars. On s’est focalisé depuis sur l’effet thermique dont découlent toutes les normes. Dans le cas du tabac, toute l’attention a été concentrée sur la nicotine, ce qui a permis d’éluder le sujet du cancer. Ces industriels nous donnent à chaque fois des os à ronger pour détourner l’attention des vrais problèmes de fond. On se bat sur des choses impossibles à prouver avec un retournement de la preuve suivant le sacro-saint principe de lien de cause à effet reproductible de manière scientifique. Si la science avait dû progresser suivant cette méthode, nous serions resté à l’âge de pierre.

Hier, j’ai également eu un appel d’un ami EHS qui après avoir vendu sa maison en Belgique est descendu en voiture avec son chien et ses appareils de mesure dans le sud de la France pour tenter de trouver des zones moins impactées. Il lie facilement connaissance avec les gens et il collecte des infos sur des endroits supportables en matière d’ondes. Il est descendu jusqu’aux Pyrénées et était maintenant dans les gorges du Tarn. En dehors d’endroits très isolés et encaissés, il ne trouve rien « tout est cramé », c’est son expression.