BOUGER

En écrivant le titre de cet article, je ne savais pas très bien dans quoi j’allais m’engager. Nous sommes bombardés chaque jour d’informations concernant les évolutions technologiques à venir pour notre plus grand bien, voiture autonome, satellites, 5G, etc … Chaque jour, des gens donnent leur vie pour survivre et extraire des terres rares dans des conditions inhumaines, des petites mains chinoises travaillent dans des conditions dignes des temps modernes de Charlot. Tout cela pour produire au bout de la chaîne une technologie qui rend les gens malades et qui les tue à petit feu. Je ne regarde plus les chaînes d’info et leur lot quotidien de nouvelles catastrophiques servis avec un large sourire et un air de compassion de circonstance. En l’espace de 40 ans, ma génération est passée de ce vieux téléphone ringard à une merveille technologique. Je me souviens durant mes études de la fierté de notre école d’ingénieur qui réussissait à établir une communication entre ordinateurs avec une école en Ecosse en déposant le vieux cornet sur un support. Ca faisait beaucoup de bruit, c’était les années 80 et nous étions ébahis, la programmation se faisait alors en Fortran et en Cobol. Cette révolution, on ne pourra pas l’arrêter, elle est en marche et chaque jour elle se nourrit de ses progrès pour avancer encore plus.

Et nous, on fait quoi, on subit et par nos modes de vie, nos abonnements et nos achats, nous nourrissons la bête. Le marché de la 5G va saigner la population en proposant des technologies qui aurons une durée de vie économique de plus en plus courte. Ils font déjà les projections pour la 6G. Toutes ces technologies sont développées avec la bénédiction de la science et de sa sacro-sainte maxime de reproductibilité d’une expérience. Le marketing s’empare du reste et fait naître le désir compulsif d’achat dans la population en créant de nouveaux besoins artificiels et en générant des peurs.

J’ai eu la chance de vivre en autarcie jusqu’à l’âge de 18 ans car issu d’une famille paysanne. On produisait ce que l’on consommait et pour cela, il fallait une bêche et un rateau. On construisait notre logis avec un marteau, une chignole et quelques clous. Pour réaliser tout cela, pas besoin d’un GSM. Ca va pépé on sait que tu vis encore au moyen-âge. On s’associait avec les voisins pour acheter des machines plus conséquentes ou pour soulever des poutres plus lourdes. On partageait nos récoltes de fruit et de légumes, rien ne se perdait. Nous étions une petite communauté d’entraide et d’idées écolo-bobo avant la lettre.

Je croyais que l’internet, nous permettrait de reproduire ce mode de vie associatif et solidaire, au contraire, il a enfermé chacun dans sa solitude et dans l’artificialité. L’instantanéité est devenu le leitmotiv, tout tout de suite, nous sommes revenus à des instincts primaires. Notre cerveau moderne, le néo-cortex ne servira bientôt plus à rien, l’intelligence artificielle assumera tous nos désirs. Plus besoin de planifier, l’ordinateur le fera pour vous. Plus besoin de tenir votre volant, la voiture est autonome. Plus besoin de faire l’imbécile, vous êtes devenu un imbécile.

Si ce monde là nous fait peur et qu’il nous reste un brin d’intelligence non artificielle, il est temps de bouger dans nos actes quotidiens. Résistons à nos actes d’achat compulsifs, rejetons par nos actes cette technologie et surtout mettons en place une solidarité effective par l’échange de nos savoirs et l’aide concrète à autrui. Je sais combien nos rythmes de vie sont stressants (et c’est voulu pour créer le désir de compenser par l’achat ou par le divertissement instantané). Rentabilité, instantanéité de l’information mettent une pression sur l’individu qui n’a rien à voir avec sa nature profonde. Le stress créé nécessite une compensation, la cigarette avec un flush au cerveau dans les 7 secondes, une bouboule à grignoter, un GSM à regarder, une drogue pour s’évader du quotidien, l’alcool … Nous les consommateurs, nous créons la demande que l’on nous a sournoisement suggéré de créer.

Avant, j’habitais à Bouge (Namur), j’ai pris les Jambes(localité de Namur) à mon cou et je suis parti. Bouge, rend à ton néocortex la possibilité de diriger ta vie sans être soumis aux pulsions inassouvies de tes cerveaux primitifs que des solutions artificielles tentent de satisfaire par l’appât du gain.

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