BILAN INTERMÉDIAIRE

Il est peut-être un peu tôt pour faire un bilan, pourtant, je ne résiste pas à l’envie de déjà tirer des conclusions de ces premières semaines à l’abri des ondes. Sur le plan physiologique, il n’y a pas de comparaison possible entre l’avant et après, c’est le jour et la nuit. Le corps s’est regénéré, il profite de son environnement pour se nourrir et s’harmoniser, normal, il ne doit plus lutter. Les nuits sont calmes et le sommeil enfin réparateur. Mon premier texte « le salut dans la fuite » n’était pas usurpé. Je ne suis pas guéri de l’électrohypersensibilité mais je peux enfin VIVRE et respirer.

Sur le plan psychologique, c’est aussi une révolution, je suis plus calme, plus ouvert et je ne passe plus mon temps à ruminer des stratégies de vengeance contre la société. L’esprit est serein et en paix avec le monde.

Sur le plan social, moi qui croyait devoir vivre une vie d’ermite retiré, j’ai rarement rencontré et dialogué avec autant de personnes. Le partage fait beaucoup de bien et les témoignages s’accumulent. Bien entendu, les gens arrivent chez moi avec leur histoire et certains préjugés, mais le lieu est apaisant et appelle au partage et à la convivialité. On ne se rend plus compte combien cet environnement électromagnétique constant induit une nervosité, un stress et un mal-être chez les individus. Cela a des répercussions sociologiques importantes sur les populations. Nombre des personnes venues me rendre visite sont en errance. Ils logent là où ils le peuvent (ami, voiture, …) et sont en recherche permanente d’une solution de vie.

Ils ont beaucoup de mal à réfléchir dans le calme et cherchent des justifications sans fins dans leur existence ou dans la société en général pour expliquer leur mal-être. En fonction de leur vécu et de leur niveau et temps d’exposition, ils vont développer des comportements d’agressivité, de colère, de repli, … Le problème principal est l’absence de lieu ou de temps de répit, l’exposition est permanente. Se rajoute à cela les tracasseries administratives et les démarches incessantes pour tenter de sortir de ce bourbier.

Ma chance est avant tout la solidité de notre couple et le fait d’avoir été compris par mon épouse qui a également commencé à ressentir des symptômes. C’est ensemble que nous avons parcoure la Wallonie dans tous les sens pour tenter de trouver un lieu de vie en étant persuadé que cela était possible. Nous sommes passés par des moments de découragement, de disputes, de lassitudes mais l’obstination a été payante.

Nombre des personnes rencontrées ces derniers jours veulent partir en France trouver un lieu de survie. Je ne pense pas que la France soit une solution au vu du réseau déjà développé et la vitesse d’implantation de nouvelles antennes. Le site « mon réseau mobile ARCEP, donne une vision détaillée du territoire Français et on se rend compte rapidement du taux de couverture des différents départements.

Camping car, Tiny house, yourte, sont certainement des solutions séduisantes par beau temps mais difficile à vivre au quotidien en hiver dans des endroits reculés. De plus, il faut encore trouver un terrain et tenir compte des contraintes environnementales pour l’évacuation des eaux grises et noires (toilette), l’approvisionnement en eau, le chauffage et l’électricité. Ce sont des éléments que l’on oublie souvent de prendre en compte sur le plan pratique, habitués que nous sommes à simplement pousser sur un bouton au quotidien. Je salue le courage de ces porteurs de projet et je leur souhaite de trouver des solutions adéquates sans ruiner leur portefeuille et leur santé.

Au plaisir de continuer à partager et à vous rencontrer.