Un drôle de jeu

Hier, avec Gustav Jardoon, on s’est fait une sortie en ville. On est allé voir le film qui est un remake d’un film italien de 2016. J’aime beaucoup l’acteur Stéphane De Groodt. Après avoir pris nos tickets et un passage obligé par le pipi room , nous sommes entrés dans la petite salle de projection. Il y avait 5 personnes déjà installées, 3 copines, un couple et 4 GSM en action. Je me suis arrêté à la porte de la salle et avec Gustav nous avons attendu le début de la projection et le message demandant d’éteindre le GSM, avant d’aller nous asseoir. Les 3 copines bavardaient ensemble en pianotant chacune sur leur appareil. Gustav m’a demandé comment on pouvait communiquer avec l’autre présent physiquement et en même temps pianoter sur un GSM. Je lui ai répondu ce qu’une femme m’a une fois répondu : « nous les femmes, on peut faire plusieurs choses en même temps ».

Je ne vais pas vous raconter le film, disons simplement que le sujet central est le GSM et la place que cette petite merveille technologique a prise dans notre quotidien. C’est à la fois un simple objet de communication très pratique, un agenda, un répertoire de contacts, une calculatrice, un appareil photo, une montre, une lampe, une tondeuse, … Il est devenu en quelques années l’objet indispensable de notre quotidien. Il coûte cher à l’achat comme à l’utilisation et se casse aussi facilement qu’il se décharge. Il est dans la poche de tout être civilisé de de 7 à 77ans (comme Tintin).

Je ne vais pas revenir ici sur les dangers liés à son utilisation (je pense à des femmes voilées croisées hier et qui calent le GSM sur leur tempe coincé entre l’oreille et le voile, très pratique pour garder l’usage des 2 mains), mais plutôt sur la place prise par cet engin dans notre vie quotidienne et le drame que cela représente pour les électrohypersensibles.

Je reviens en arrière dans le temps pour évoquer une époque où je dirigeais une entreprise sur 2 sites distants. Je passais le matin d’un côté pour régler les problèmes et ensuite je me rendais sur l’autre site après 1h de route et je gérais les autres problèmes. Durant 1h, j’étais injoignables. On me laissait un message et je rappelais de l’un ou l’autre site à mon arrivée. Cela posait-il problème ? NON. Je conduisais tranquillement en tenant mon volant à 2 mains et j’étais concentré sur la route. Ensuite, à mon aise, je solutionnais dès mon arrivée les différents problèmes à régler. Le GSM est arrivé et pour faire plaisir à mon associé, je me suis procuré un GSM. Il me faisait mal à la tête et je le laissais éteint.

Aujourd’hui, j’ai également un smartphone, toujours éteint ou en mode avion. J’écoute mes messages 1 ou 2 fois par jour et s’il le faut je rappelle de mon fixe. Quand je suis avec des gens, mon smartphone est toujours éteint ou resté à la maison. Je l’utilise parfois avec un petit programme pour détecter les WIFI dans mon environnement.

Bref, le film était plaisant. A la fin de la séance, la lumière n’était pas encore revenue que les 3 filles se sont précipitées sur leur sac pour récupérer et allumer leur smartphone. Il était primordial pour elles de savoir ce qui s’était passé durant cette 1h30 de non-communication. Cela m’a rappelé immédiatement le geste compulsif du fumeur. OUI, nous avons affaire au même mode de dépendance que le tabac, tous les ingrédients en dehors de la nicotine, sont là. C’est le même mode opératoire, ce sont juste les manipulateurs qui ont changé de nom. Tout cela est basé sur à la fois une richesse et une faille du cerveau humain : le complexe amygdalien, système de la récompense. Notre perception du monde est devenue angoissante en permanence de par la constance des différents stimuli. Nous n’arrivons plus à prendre du recul, le stress est permanent et nous avons besoin de nous rassurer, de nous récompenser par différentes actions inconscientes apprises et répétées. Nous allons fumer, chiquer, regarder notre smartphone, prendre des photos… Nous avons perdu cette capacité à savourer l’instant et à le VIVRE pleinement. Vite une cigarette avec le flush de nicotine au cerveau, vite un message de quelqu’un, vite un jeu ou un film pour ne pas penser, vite une photo pour immortaliser à tout jamais ce moment, …

Gustav Jardoon, qui ne rate jamais une occasion de me faire des remarques pertinentes, me dit : « mais la vie pour vous est devenue l’inverse de l’état hypnotique naturel centré sur la prise de conscience de soi, la pleine conscience comme disent certains ». Il a raison, je pense, notre monde, notre formatage, notre civilisation, nos cultures, nos religions, nos croyances ont fait de nous des automates conditionnés et les merveilleux outils dont nous sommes pourvus se sont retournés contre nous pour nous renvoyer à l’état d’esclaves consentants.

Lutter de front contre les effets nocifs de ces technologies est peine perdue et cela représente ou représentera une prise de conscience pour environ 5 % de la population. En effet, se sentir isolé et coupé de nos relations sociales, être mis à l’écart amène incontestablement une réflexion sur notre vie et les valeurs mises en avant.

Je ne souhaite à personne de basculer dans l’électrohypersensibilité, je souhaite à tous une prise de conscience des valeurs réelles de la vie et croyez-moi, l’hypnose (ou autres formes de recentrage) est un outil formidable pour sortir du cadre et percevoir le monde autrement.

Le mode AVION de votre smartphone permet (et c’est extraordinaire) de voyager partout (sans limites), sans frais, sans gêner les autres et sans polluer son environnement.

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