Le carcan

Une façon très efficace de contrôler un individu ou de le punir est l’utilisation du carcan. Nous l’avons tous vu en visitant des châteaux ou e visionnant l’un ou l’autre film ou documentaire. Le carcan dont j’aimerais parler ici n’est pas d’ordre physique il est d’ordre médical.

Il est de bon ton d’aller chez le médecin quand un souci de santé survient. De par ses études, ses connaissances, son expérience du terrain, ses formations continues et les visites des délégués médicaux, il ou elle est la référence en matière de soin. On va chez le médecin comme on allait chez le curé pour se confesser et demander des conseils, des prescriptions, des remèdes pour soigner, parfois même guérir nos troubles psychiques (le curé) ou physiologiques (le docteur). Cette démarche est acceptée par tous et remboursée par la sécurité sociale. Le médecin a en plus le pouvoir de délivrer un certificat qui fera autorité et qui permettra à l’enfant de ne pas suivre le cour de gym ou au travailleur de s’absenter. Il faut bien comprendre que cette autorité médicale fait partie intégrante de notre culture et de nos croyances.

Dans cette logique, depuis plus de 40 ans, je teste des médicaments prescrits pour résoudre un problème de santé que je traine depuis mon enfance. J’ai ainsi pu apprécier le savoir de nombreux spécialistes, me soumettre à une multitude d’examens et prendre différentes médications. Quand je regarde ma pharmacie, j’ai assez de stock pour ouvrir une officine. J’ai, je le pensais, expérimenté tous les effets secondaires possibles et jamais, au grand désespoir du corps médical, les effets primaires supposés.

Je le pensais car j’ai découvert récemment un effet secondaire auquel je n’avais pas pensé. J’étais entré dans une logique médicamenteuse ces derniers mois assez risible. Un médicament pour soigner mon coeur afin d’éviter un problème de rein était pris à des doses assez fortes. Ce médicament après quelques mois a comme effet, entre autre, de causer une insuffisance rénale pour laquelle on me donne un autre médicament qui lui me provoque des troubles cardiaques et des problèmes de foie et d’estomac. On tourne en rond et je prends la décision de réduire le traitement de façon progressive. J’en fais part au médecin qui approuve mon choix en me disant qu’effectivement le premier médicament a parfois des effets sur le fonctionnement du rein. Il reconnait son impuissance et avoue ne pas savoir ce qu’il faut faire.

Depuis, très progressivement, j’ai arrêté ce traitement et je commence à retrouver des sensations corporelles perdues depuis des mois. Mais surtout, je retrouve une certaine lucidité car il y avait un effet secondaire que je n’avais pas identifié (pourtant repris en petit caractère sur la notice) : altération des facultés mentales, de la concentration, etc…

J’ai l’impression de revivre, de retrouver mes mots, le fil de mes idées. Je sors d’un cauchemar et enfin je peux rêver. Certes la désaccoutumance n’a pas été facile et il a fallu avoir recours aux huiles essentielles et à l’auto hypnose pour mener à bien ce sevrage. J’ai vraiment le sentiment d’être enfin libéré de ce carcan médicamenteux. En attendant, mon souci de santé n’est pas résolu et j’ai l’impression d’avoir perdu 40 ans en me conformant à la grande sagesse toute puissante de tous ces spécialistes.

 

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