Hôpital et hypnose

Hier soir, après une journée bien remplie et pleine de contacts enrichissants, je suis passé voir une vielle dame à l’hôpital. Elle était confortablement installée, occupée à manger un sandwich au fromage. Elle s’étouffait presque à chaque bouchée et c’était un véritable calvaire de l’observer manger et je ne comprenais pas son acharnement. Son visage était stressé, comme si elle était obligée de faire quelque chose d’impossible. Entre chaque bouchée, elle rangeait son plateau, tenait des discours incohérents, et recrachait presque sa dernière bouchée. En fait, on lui avait dit (?) qu’elle devait tout manger et en élève docile, elle essayait de tout manger et de tout boire. On a retiré son plateau et on lui a donné un peu d’eau, elle a alors commencé à boire sans s’arrêter car il y avait encore une autre bouteille et elle pensait devoir vider la totalité.

On a tout retiré, y compris le réveil car le temps qui s’écoulait lentement la stressait ainsi qu’un papier de l’hôpital qu’elle ne comprenait pas. Tout était devenu source d’inquiétude et de tracas. Elle a continué à raconter de courts évènements en boucle tout en essayant avec sa langue de nettoyer son palais et son dentier. Ses mains fébriles chipotaient partout et la souffrance s’exprimait à chaque soupir.

J’ai alors commencé à parler avec une voix très calme (voix de transe) et deux suggestions subliminales (calme, tranquille). A chaque inquiétude, je répondais « oui, c’est très bien », sans chercher à la raisonner et ensuite je reprenais « calme, tranquille ». Ce dialogue a continué durant un vingtaine de minute avec des pauses de plus en plus longue entre chaque histoire. Le visage commençait doucement à se décontracter. Mon épouse s’est alors placée à côté et a poser une main sur la main de la dame et l’autre sur son épaule. J’ai continué « calme, tranquille » avec en plus « fermez les yeux et dormez ». Elle ferme les yeux et à chaque nouvelle histoire (il y en avait 4 qui tournaient comme des ritournelles) je répétais : « oui, c’est bien maintenant, calme, tranquille, fermez les yeux et dormez ». A mi-mots, la dame répétait « calme, tranquille », son visage était maintenant totalement décontracté et apaisé. Le corps était relâché et après encore quelques bribes de mots, elle s’est paisiblement endormie.

Je remercie tous mes professeurs car c’est grâce à leurs enseignements que l’on trouve en soi la force, la patience et le courage de faire ce genre de « don de soi », ce n’est pas un travail. Je suis sorti de cet hôpital complètement détendu et en accord avec moi-même et ça c’est vraiment nouveau pour moi car habituellement c’est un lieu qui me stresse énormément.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s