Une succession incorrecte

 

Quelques semaines après l’incident de la grande Dame blanche, je me suis rendu chez mon ostéopathe pour un problème de dos. C’est quelqu’un que je connais  depuis quelques années. Il dispose d’une grande gamme d’outils thérapeutiques et nos rencontres sont souvent très particulières. A peine allongé sur la table, je lui raconte l’anecdote de la grande dame blanche. Il m’écoute avec un certain scepticisme et finit par me demander si je peux lui démontrer la véracité de mes dire. Il n’a pas fini sa phrase que je lui réponds qu’il y a quelque chose « d’incorrecte » dans sa vie. Je précise que cela à avoir avec un total dans un calcul. Je précise enfin que cela semble avoir un lien avec une succession et que le total n’est pas correcte en rapport avec sa famille. Mon thérapeute devient tout vert, et il me crie que je suis un emmerdeur. Je me rhabille et il me raconte l’histoire. Son père est décédé quelques mois auparavant et c’est lui qui s’est occupé de la succession et des papiers avec le notaire. Ses soeurs lui ayant fait confiance pour régler tout cela. Il avait reçu quelques semaines auparavant un remboursement suite à la déclaration de succession. Il avait décidé de garder cette somme en compensation du travail fait pour la succession. Il n’en avait pas parlé à ses soeurs. Il n’était pas très fier de son attitude et il y pensait souvent.

Mon ostéopathe avait son cabinet dans une annexe à l’arrière de sa maison. C’était la fin de journée et sa femme venait de rentrer. Très excité par son histoire, il appelle son épouse et lui raconte l’incident toujours en ma présence. Il se dit très soulagé et promet de rembourser ses soeurs au plus vite. Au moment de sortir du cabinet, j’ai un nouveau flash et je me tourne vers son épouse en lui disant : « j’ai 3 choses importantes à vous dire ». Son mari me fixe immédiatement un rendez-vous. Je n’avais aucune idée en sortant du cabinet des 3 choses importantes et je me demandais pourquoi j’avais dit cela. Je rencontrais cette femme pour la première fois. J’étais prêt à faire demi-tour et à m’excuser. Enfin, le principal était que je n’avais plus mal au dos.

Le jour du rendez-vous était arrivé et je me demandais toujours ce que j’allais bien pouvoir raconter. Je suis rentré dans le cabinet et le thérapeute m’attendait avec sa femme debout à côté de lui. Elle semblait très inquiète et nerveuse. J’allais m’excuser quand j’ai eu à nouveau un flash. Ce sont comme des mots et des images qui défilent dans ma tête, je suis comme relié à la personne en face de moi et je commence à parler comme un automate. Je m’adresse à l’épouse : « La première chose est un problème lié à la respiration, vous devez absolument trouver une solution. La deuxième chose est en rapport avec votre mère, la situation actuelle n’est pas bonne pour elle comme pour vous et pour la troisième chose je vais vous demander de vous allonger sur la table. » Je me suis alors assis derrière la dame et j’ai pris d’instinct sa tête entre mes mains et j’ai commencé à la raconter. J’ai parlé également de sa difficulté à accepter l’orientation si peu rationnelle que prenait le travail de son mari. Son mari, lui était assis et recopiait mot à mot tout ce que je disais.

La séance finie, j’étais épuisé, vidé. La femme était livide. Elle me précisa qu’elle souffrait d’asthme depuis son enfance et que cela était un vrai handicap. Il m’expliqua que la mère de madame était très âgée et que dans son état il fallait prendre une décision de placement mais qu’ils hésitaient à le faire.

Le mari m’invita à passer dans le salon et à boire un verre. Un des fils était présent. Il semblait mal à l’aise, très refermé sur lui-même. Je ressentais une douleur dans le haut de mon dos. je me suis alors tourné vers lui et je lui ai dit qu’il vivait quelque chose de très « injuste ». Le fils s’est alors tourné vers son père et lui a demandé s’il pouvait me raconter son histoire. Ensuite, ne supportant plus la douleur dans le haut de mon dos, je l’ai invité, avec l’accord de son père, à passer dans le cabinet où je l’ai (sans à l’époque la moindre connaissance en ostéopathie) manipulé. Je suis parti et il m’a fallu presque 2 jours pour revenir totalement à la réalité.

Pour l’anecdote, j’ai croisé par hasard sa femme quelques mois plus tard et je lui ai demandé par courtoisie : »Comment allez-vous ? ». Elle m’a répondu complètement tétanisée : « Que voulez-vous que je vous réponde puisque vous le savez ».