Une autre façon de faire le café

tasse-cafe

Le propriétaire a rapidement réagi. Il a envoyé une équipe chargée d’abord de nettoyer la vase. Un ouvrier est donc descendu avec un sceau et une corde. Il a rempli le premier sceau que l’ouvrier du dessus remontait avec la corde et vidait dans un container. Il n’y a pas eu de second sceau ce jour là. L’ouvrier avait perdu connaissance. Les remous dans la vase avaient vraisemblablement  libéré des gaz qui rendaient l’air irrespirable. Il a fallu mettre en place un système de ventilation et équiper correctement le personnel avant d’évacuer les boues. Plusieurs containers furent nécessaires. Nous étions au sortir de l’hiver et il gelait encore souvent la nuit. Pour nettoyer convenablement, le propriétaire a fait venir un camion citerne avec pompe. Ils ont donc convenablement nettoyé l’ensemble à l’eau et réaspiré les boues restantes dans la citerne. Il était tard. l’eau gelait dans la citerne et le chauffeur ne voulait pas encore retourner vidanger. Le chauffeur avait repéré une grande grille d’évacuation dans la cour du site et il décida de purger les boues dans cette grille.

Le lendemain matin, un ouvrier d’entretien des postes, dont je rappelle, les locaux se trouvaient aussi sur notre site, est arrivé chez nous avec sa cafetière. La cafetière était pleine d’un liquide noirâtre. L’ouvrier me dit : « Je ne comprends pas, je n’ai pas encore mis le café et mon eau est déjà toute noire ». J’explique alors à l’ouvrier que le site n’est pas raccordé à l’eau de ville et qu’elle n’est pas potable. Ils n’étaient malheureusement pas informés. Les boues du camion avaient fini dans une immense citerne située en dessous du site et dans laquelle l’eau des sanitaires était pompée. Sans cet incident, les ouvriers de la poste auraient continué à savourer cette eau en toute innocence. J’ai fait analyser cette eau par un laboratoire. C’était en réalité une eau très riche en divers métaux et autres saloperies.

Les travaux ont continué et de nouvelles fondations ont été construites en dessous du local des archives. Les odeurs ont disparu sauf dans une pièce.

J’avais de plus en plus de mal à rester dans cette maison blanche, j’avais l’impression qu’on me suçait de l’intérieur. J’ai donc transféré mon bureau dans l’entrepôt.