Le grand déménagement

demenagement

Nos activités professionnelles ont pris de l’essor. Nous travaillons sur 2 sites et nous avons des problèmes de stockage et de logistique. En plus, à l’époque, internet n’existe pas encore et nous sommes reliés par modem avec des coûts exorbitants de communication. Il faut trouver une solution et vite. Nous nous mettons à la recherche de locaux pouvant accueillir nos activités. Un jour, par hasard (?), sur le chemin que j’emprunte tous les jours, je vois un écriteau : hangar à louer. Je prends rendez-vous et je découvre une surface qui nous convient. Le confort n’y est pas mais il y a de la place, du parking, un accès facile pour les camions et camionnettes et un loyer raisonnable. En sortant de la visite, je remarque au milieu du site et juste à côté de l’entrepôt une maison blanche transformée en bureau. Le propriétaire me dit que la maison est aussi à louer et que nous pouvons la visiter. A peine rentré dans la maison nous sommes pris par une forte odeur de gaz, je me précipite vers le compteur et je coupe le gaz pendant que le propriétaire ouvre les portes et fenêtres pour aérer. Je fais un tour très rapide et je dis que cela serait bien pour centraliser nos bureaux. Le propriétaire me fait un bon prix pour l’ensemble et l’affaire est conclue. 2 mois après nous sommes dans nos nouveaux locaux. L’avenir s’annonce prometteur.

Le site où se situe l’entrepôt et la maison est très curieusement placé dans un Y de voies de chemin de fer. Le site accueille différentes activités dont des locaux pour les services d’entretien de la poste. Les voisins sont sympas. On commence à parler de nos affaires et des anciens occupants de l’endroit. J’apprends au détour d’une conversation avec un des voisins que la maison blanche était en fait une ancienne morgue. Ce qui explique le décor un peu macabre de certaines pièces. L’entrepôt, lui, avait servi pour un vendeur de caravanes.

Dans mes clients, j’avais un policier de la police des chemins de fer. Il avait une activité complémentaire et il venait souvent se fournir chez nous. A sa première visite dans nos nouveaux locaux, il me dit bien connaître l’endroit. En effet la police des chemins de fer s’occupe aussi des suicides sur le rail et des cadavres qu’on retrouve dans un certain périmètre. Ils envoyaient souvent les corps à la morgue dans la maison blanche car c’était un jeune sympa qui commençait. On a visité la maison blanche ensemble et il m’a expliqué la fonction de chacune des pièces. Il y avait le local où les morts étaient entreposés (non réfrigéré), j’en avais fait les archives. Il y avait le local où il opérait (embaumait), j’en avais fait le réfectoire mais curieusement les gens n’y allait pas à cause d’une odeur persistante et désagréable. Le policier me précisa que c’était l’odeur de mort et que à moins d’arracher les murs, elle ne partirait pas. Il y avait le local où était exposé les corps pour la famille, j’en avais fait un local technique pour l’informatique.

Au fur et à mesure de la conversation, j’appris que le jeune sympa s’était barré un jour sans laisser d’adresse ; que le jeune sympa était associé avec un boucher dans la rue qui avait du fermer boutique ; que le jeune sympa avait des pratiques douteuses et peu hygiéniques et respectueuses des corps ; etc.