Chronique d’un EHS, la fin de la plainte

Il y a un livre qui trône sur ma table de nuit depuis plus de 15 ans et qui m’a beaucoup influencé dans mes démarches en hypnose, c’est « La fin de la plainte « de François Roustang. Lui et Paul Watzlawick (dont je parle dans une autre chronique) ont été mes maîtres à penser durant de longues années et ont inspirés directement mon approche de l’existence. J’étais mal foutu depuis la naissance et tout était prétexte à échapper aux corvées et aux dures réalités de la vie. Ma mauvaise santé était devenue ma carte de visite qui excusait tout. J’aurais pu continuer comme ça pendant encore des années attirant automatiquement l’empathie et le « mon pauvre petit chéri ». C’était quelque part très confortable. Puis un jour, ça n’a plus fonctionner, la maladie a gagné du terrain et le bénéfice secondaire de la plainte est devenu un handicap de vie.

Pourquoi je vous parle de ça, je fais un parallèle avec les EHS. J’ai des appels quasi quotidiens maintenant de personnes en souffrance par rapport aux ondes. Je connais la problématique, j’en souffre aussi mais j’ai réussi à en faire quelque chose de positif. Certes, les souffrances physiques sont réelles et incapacitantes, elles conduisent également à l’isolement social et à bien des drames familiaux. Mais d’autre part, cette communauté qui se constitue peu à peu devient une force à travers la solidarité, un apprentissage de notre impact personnel sur notre environnement, une prise de conscience de notre dimension humaine.

Nous avons donc deux choix, continuer à nous plaindre et attirer l’attention de notre entourage ou se servir de cette particularité pour en faire une force de vie et tenter de construire un monde meilleur. Aider l’autre, l’écouter et trouver avec lui des solutions de vie est un objectif qui me permet d’oublier un moment mon propre malheur et de ne plus l’amplifier. Je ne pense pas qu’on changera la réalité qui nous est imposée mais nous pouvons changer notre façon de l’appréhender pour ne pas continuer à en souffrir. Avec toutes mes pensées pour les EHS.

CHRONIQUE D’UN EHS, MÉDECINE DU TRAVAIL

J’ai conduit mon épouse à l’hôpital hier pour une consultation auprès de la médecine du travail. Elle y avait déjà été la semaine dernière chez le même médecin et elle a été jugée apte au service. Entretemps, un traceur a été installé dans sa voiture de service et nous avons détecté un signal bluetooth continu dans une pièce de la maison quand la voiture était garée sur le parking. Elle avait des palpitations dans sa voiture et elle se sentait anormalement stressée.

Réussir à identifier la source et faire le lien avec le traceur ne fut pas chose facile et tient plus du hasard que d’une démarche scientifique. Techniquement, on a réglé le problème dans la maison en garant la voiture à bonne distance mais cela ne solutionnait pas son problème d’exposition permanente. Elle en a parlé à sa direction qui l’a renvoyée vers la médecine du travail pour un avis médical.

Le médecin ne savait pas ce qu’était le bluetooth et après consultation sur google en a conclu que c’était la dent bleue d’un chef viking écrit en caractère runique. Après explications, le médecin a rédigé la note suivante sur le certificat : « Eviter les expositions aux ondes électromagnétiques de façon continue (traceur bluetooth) ». Le certificat est envoyé à l’employeur, suite au prochain numéro.

La vie d’un EHS est une lutte perpétuelle contre son environnement et les nouveautés permanentes que ses congénères humains mettent en place pour faciliter la vie de tous les jours.

Je vis maintenant depuis 3 mois sans GSM, le sevrage a été instantané sans complications. Il a juste fallu organiser sa vie autrement comme avant quand il n’y avait pas ce fil à la patte. Car, ironie du sort, cette technologie sans fil est intimement liée à la vie de tout un chacun. C’est le seul objet que l’individu traine avec lui en permanence, 24 h sur 24. Quand cet objet ne sonne pas pendant à peine 10 minutes, l’individu va le consulter pour voir qu’il est encore activé, geste qu’il vient de faire quelques minutes auparavant. C’est un peu une angoisse existentielle permanente, un peu comme prendre son pouls pour vérifier si le cœur bat encore.

Je suis opposé à cette technologie pour son caractère nocif sur la santé mais aussi par le caractère addictif qu’elle a prise sur nos comportements à travers ce besoin individuel d’exister à travers le message d’un autre. Mon GSM ne sonne plus équivaut presque à se dire que l’on est seul au monde ou que sa propre existence ne compte plus pour les autres. Pauvre de nous.

Chronique d’un EHS, retours positifs

Chouette journée avec plein de retours positifs. Les gens chez qui je vais mesurer se bougent et m’informent de leurs initiatives. L’imagination est au pouvoir et chacun fait en fonction de ses possibilités.

Les antennes on peut encore s’en prémunir en les situant sur une carte, mais les voisins avec les wifi, les DECT et les bluetooth, cela devient de plus en plus difficile. On peut se protéger chez soi en contrôlant toutes les sources internes à la maison mais on ne peut pas faire grand-chose pour le voisinage. Déconnecter un portable qui se rallume en activant automatiquement le wifi et le bluetooth n’est pas connu par tout le monde et le moyen de le désactiver définitivement est aussi un savoir qui n’est pas à la portée de tous. Le bluetooth dans une voiture garée à l’extérieur devant la maison est aussi un problème comme le traceur placé dans la voiture de service de ma femme. On sent que quelque chose ne va pas et il faut à nouveau ressortir la panoplie d’instruments pour localiser le problème. C’est un combat sans fin et toute modification de son environnement par un appareil électrique est maintenant susceptible d’entrainer une pollution électromagnétique.

J’apprend beaucoup en prenant les mesures chez les gens et surtout, je rencontre des êtres humains dans leur vérité. Ils sont tous en deuil d’une vie qui s’est arrêtée du jour au lendemain et après un temps de découragement, ils sont prêts à entreprendre un combat pour informer sur les conséquences néfastes de ces technologies.

Nous avons réunion samedi à Lasnes avec le groupe en construction d’ »une vie pour les EHS », j’ai hâte d’y être pour ajouter ma pierre à l’édifice. C’est la main dans la main que nous arriverons à faire reculer l’emprise de ces technologies sur nos libertés fondamentales. Bonne journée.

CHRONIQUE D’UN EHS, LA FORCE DES CROYANCES

Hier, ma route a croisé un vieux monsieur qui pestait sur l’impossibilité d’établir une communication avec sa fille dans notre région. « Pas de réseau, pas de réseau » répétait-il manifestement en colère. La conversation s’est vite engagée sur la non-couverture de notre patelin. Il prônait plus d’antennes et se disait totalement protégé des ondes grâce à des pierres qu’il avait disposé un peu partout dans sa maison mais dont il ne se rappelait plus le nom. Il avait aussi fait appel à un « géobiologue » qui lui avait recommandé de placer une pyramide blanche dans sa chambre pour le protéger la nuit. Il devait faire recharger sa pyramide tous les 7 ans.

Il disposait encore d’un vieux GSM avec grand affichage et pestelait (expression locale) sur ce maudit appareil qui refusait obstinément d’accrocher un réseau 2G. Sa fille devait venir le rechercher et il n’arrivait pas à la joindre. J’ai laissé ce vieux bonhomme avec ses croyances par rapport aux protections et j’ai continué ma promenade.

Je rencontre fréquemment des tas de gadgets, que je nomme grigris, chez les gens que je visite. Ils ont généralement trouvé ça sur internet où se sont fait embobiner par un ami conseillé par un géobiologue ancienne vague qui détecte encore les ondes avec son pendule ou son antenne. Hélas, on ne parle plus des mêmes sources de pollution, il est loin le temps des failles, des sources ou des réseaux curry et des cheminées. Il faut maintenant des appareils de mesure bien spécifiques pour se faire une idée de toutes ces sources de pollution électromagnétique.  Plus jeune, je me suis également formé à la radiesthésie et à l’antenne de Leicher mais il a fallu évoluer avec la technologie et les sources de pollution au sein de nos habitations ont pris d’autres noms. Les protections que l’on conseillait bon enfant à cette époque révolue ne peuvent rien contre les caractéristiques de ces ondes électromagnétiques qui passent à travers nos murs et nos corps.

Mon discours n’est pas très scientifique mais a pour but de nous extraire de nos vieilles croyances populaires qui font encore les beaux jours de quelques escrocs vendeurs de grigris. Ils donnent l’illusion d’une protection, c’est comme se promener avec un k-way rouge dans un réacteur nucléaire. C’est une croyance mortelle. Prenez soin de vous avec des moyens de protection efficaces (couper la source, voiles, peintures spéciales, cage de faraday, mise à la terre, …) mais surtout pas de grigris qui jouent sur l’effet placébo et votre portefeuille.

Chronique d’un EHS, être humain sensible

EHS comme abréviation d’une dimension perdue par notre civilisation, voudrait dire simplement « être humain sensible ». Est-ce l’âge, l’impuissance face au monde moderne ou un défaut de la cuirasse éducationnelle, je ne sais pas. J’ai l’impression très fugace d’avoir gagner en humanité grâce à ce statut qui nous est imposé. Je suis passé par la colère, la révolte, la résignation et maintenant je suis rentré dans la phase de partage avec autrui. Je reçois presque chaque jour des témoignages de plus en plus pénibles de personnes en errance ou en détresse physique. J’ai accepté mon impuissance à les aider ou à leur porter secours. Hier encore, un appel de M-L, dame rencontrée durant une conférence à Dinant et qui n’en peut plus de survivre. Son mari ne supporte plus les conditions de vie imposées par ses problèmes et elle est devenue une antenne réceptrice à toutes les ondes qui l’entoure. Elle n’ose plus sortir et même ouvrir ses tentures. Pourtant elle me demandait comment elle pouvait aider les autres. Elle a distribué autour de chez elle l’appel des médecins belges et elle veut redonner un sens à sa vie.

Mercredi, je vais prendre des mesures chez une autre dame qui a déjà eu 2 cancers du cerveau et qui suit une nouvelle chimio. Elle vit dans un village encore protégé des antennes, mais un projet d’installation dans le clocher de l’église d’une antenne est au début du processus. Le « s » de EHS signifie également pour moi « solidaire ». C’est un mot qui a perdu son sens de ce monde d’individualités égocentriques. Nous voulons des objets connectés pour donner des ordres et faire obéir notre environnement via des jouets technologiques qui doivent répondre au doigt et à l’oeil à nos moindres désirs. Avant, le jouet s’appelait un esclave, maintenant il s’appelle un robot. Le contact tactile réel avec nos doigts (des milliers de propriocepteurs concentrés sur quelques cm²), bouger notre corps sont des sensations en voie de disparition chez le futur « ex-être humain ». Nous perdons tout contact avec la réalité de notre monde naturel au profit de la normalisation pensée pour nous et qui fait de nous des digits résumés en algorithmes de fonctionnement. Je ne veux pas de ce monde là pour nos générations futures car je suis encore un EHS, un être humain sensible.

Chronique d’un EHS, Voie sans issue

J’ai acquis du nouveau matériel et j’ai voulu apprendre à l’utiliser hier. Le matériel en question est dans une mallette métallique dont j’ai ouvert le couvercle. Ce couvercle est venu frapper en l’ouvrant sur le bouton d’allumage d’une imprimante HP connectée à un portable que je mets à disposition de mes visiteurs. Je n’ai pas vu que l’imprimante était passée en position ON. J’ai donc allumé l’appareil et j’ai constaté l’apparition d’un signal de réseau wifi. J’ai fait le tour de la maison et ce signal semblait provenir de la pièce où était la mallette. Le couvercle cachait le bouton de mise en marche de l’imprimante. J’ai donc pris ma tablette avec le programme electrosmart et j’ai pu ainsi identifier immédiatement la source du WIFI. C’était l’imprimante. J’ai donc tout débranché et le signal wifi a disparu. Mais à mon grand désespoir un autre signal apparaissait sur ma tablette me signalant un bluetooth. Pour une maison que je revendique en dehors des ondes, j’étais mal. Je cherche dans toute la maison, je vérifie les appareils branchés et je ne trouve rien. J’abandonne et je vais m’installer au fond du jardin avec le mode d’emploi de mon nouveau jouet. En fin d’après-midi, mon épouse infirmière à domicile, reprend sa voiture de service et part pour effectuer les soins. Je rentre dans la maison et je vérifie sur ma tablette si le signal est encore présent. Plus rien, le bluetooth avait disparu.

Mon cerveau désengourdi se remet à fonctionner, les petites cellules grises de Hercule Poirot retrouvent leurs fonctionnalités. Effectivement, quelques jours auparavant, mon épouse avait du se rendre au garage avec cette voiture pour faire installer sur la batterie un appareil de localisation pour son boulot. Je n’y avais pas prêté attention. Quand elle est revenue le soir, le bluetooth est réapparu et je lui ai demandé de garer sa voiture éloignée de la maison. EUREKA, on avait trouvé mais cela reste maintenant un problème pour elle dans cette voiture. Au journal télévisé, le soir, ils interviewaient un commandant de pompier suite à un incendie. Ce dernier conseillait d’installer chez soi des détecteurs interconnectés à titre préventif. Bonne idée mais interconnectés comment ?

L’esprit inventif de l’humain est sans limite. Au départ, une bonne idée pour se préserver ou se rendre la vie plus facile, mais jamais la moindre réflexion sur les conséquences de ces choix. La voie est sans issue et revenir en arrière est une utopie.